Le mot de la fin: je n’ai pas eu le choix dans la date.

Toutes les bonnes choses ont une fin, malheureusement pour nous l’histoire se termine ici, ou plutôt devrais-je dire, se termine déjà (d’où le titre).

Ci-dessous, j’ai compilé une liste de pour et de contre, de ce que je retiens de cette petite escapade australienne.

POUR

Le paysage

L’Australie est un pays magnifique. Des vues à couper le souffle, une diversité de paysage incroyable (paysages côtiers, plages paradisiaques, mangrove, bush, montagne etc.). Sans parler des animaux, voir des perruches rouges et vertes dans les arbres tous les matins, ça n’a pas de prix. Nous n’avons pas tout vu, bien loin de là. Nous n’avons pas vu le centre rouge, la barrière de corail, et les paysages de la Tasmanie. C’était trop loin, et trop cher pour nous, mais j’espère les voir un jour!

Mateship et laid back lifestyle

En français, « culture de la fraternité et de la détente ». Les australiens sont pour leur grande majorité, des gens toujours souriants, cordiaux (que ce soit le chauffeur de bus, la caissière ou le banquier), assez calmes et détendus. On voit rarement des australiens s’énerver ou s’agacer, même quand le bus a 25mn de retard ou que la caissière ne va pas assez vite. Ça peut paraître bête, mais sortant de Paris, c’est très rafraîchissant d’avoir des visages calmes et souriants à longueur de journée.

Le concept de mateship ou « fraternité », c’est le fait d’être toujours prêt à s’entraider, et effectivement là-dessus, aucun doute les australiens sont plutôt bons.

La bouffe

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, on mange très bien en Australie, surtout les plats asiatiques. C’est vrai, il y a très peu de plats typiquement australiens, mais en revanche ils cuisinent très bien ce qui vient d’ailleurs! La plupart des fruits et légumes proviennent d’Australie et sont produits localement. La viande est particulièrement bonne et pas trop chère.

Les plans pas cher

Ici il y a une franchise de boutique qui s’appelle Vinnies, qui est l’équivalent d’Emmaus, mais en moins cher et en mieux. Les australiens ont tendance à beaucoup acheter, mais aussi à beaucoup donner. On peut trouver dans ces boutiques des tshirts de marque à 5e, chose impensable ailleurs. J’ai moi-même acheté une bien mignonne paire de boucles d’oreilles en parfait état pour 2e, et Antoine un short en jean Everlast neuf pour 5e. En dehors de Vinnies, il y a des grands magasins (K-Mart et Target) qui stockent de tout, des vêtements aux poêles à frire en passant par de l’huile de vidange et des tenues de plongées. Ces énormes magasins pratiquent des prix très bas par rapport aux standards australiens. Malheureusement la qualité n’y est pas toujours.

CONTRE

Le racisme

Le racisme ici est une autre paire de manche qu’en France. On se dit impunément anti-musulman ou anti-asiatique, on se tatoue le drapeau de l’Australie à tout bout de champ (j’avais un collègue qui avait sur les avants bras un tatouage marqué « Aussie Pride » avec le drapeau de l’Australie, l’équivalent de notre « France Aux Français ») et on hésite pas à insulter les étrangers. Mon cher et tendre s’est ainsi fait dire « Retourne chez toi putain de français ». Le collègue que j’évoquais m’a dit qu’il n’aimait pas aller faire ses courses au centre commercial à côté de chez moi parce qu’il y avait trop de « niakoués »(sic!) et qu’il vivait plus loin en banlieue, loin des « musulmans qui foutent le bordel et qui nous forcent à manger sans porc ».

Un collègue d’Antoine – assez dégueulasse par ailleurs, qui pète et rote sans arrêt sans jamais s’excuser bien sûr – a également dit de notre quartier qu’il était « sale et qu’il y avait trop de bronzés ». Ou encore un autre qui se fout ouvertement des chinois en les imitant et en ajoutant un sympathique  » Fucking Chinese! »

Régulièrement, le premier ministre Tony Abbott évoque les indonésiens qui arrivent par bateau et qu’il faut renvoyer chez eux; ces bateaux d’immigrants se retrouvent face à des militaires australiens lourdement armés qui n’hésitent pas à tirer dans l’eau pour leur faire peur. Il y a également des camps d’Afghans, où les immigrés arrivés illégalement en Australie sont parqués pour une durée indéterminée. Je tiens cela de mon ancienne colocataire, qui a été prof d’anglais dans un de ces camps pendant 2 ans, et qui est en train d’écrire un bouquin là-dessus (conditions d’arrivée, condition de vie dans les camps – autant vous dire qu’elle ne va pas se faire des amis).

Voilà la situation ici. Pour rappel, 1/4 de la population australienne est asiatique, 10% d’irlandais, 8% d’anglais et 15% d’autres pays. On arrive donc à plus de 50% de « gens d’ailleurs ». Ajoutez à cela 4 millions de PVTistes, ça vous donne une bonne idée de la diversité culturelle en Australie.

Le coût de la vie

La vie est horriblement chère sur Sydney, et ce dans presque tous les domaines. Quelques chiffres pour vous donner une idée:

Loyer mensuel pour une chambre d’environ 12-13 m² en zone industrielle: 900e

Courses pour deux semaines pour deux: 100e ( grosso modo: pâtes, riz, légumes,  un poil de viande, yaourt et jus de fruit)

Carte de transport mensuelle: 150e (ne couvrant que la zone 1, sinon c’est 180e)

Internet tout illimité + téléphone + tv : 80e par mois (pour le moins cher)

Un kilo de roquefort AOP : 70e

Une paire de ballerine classique dans un magasin indépendant : 100e (par classique j’entends faite en Chine, pas en cuir,  sans fioriture, noire)

Vous comprenez qu’à ce rythme là, mieux vaut avoir un (TRES) bon salaire. Alors il vrai qu’au vu du smic australien (environ 2200e par mois), effectivement on vit correctement. Ce qui nous amène au troisième point:

Le « mauvais visa » et la recherche d’emploi

Comme dit plus haut, ici on aime pas trop les français, grâce à la formidable réputation que nous ont forgés les connards de backpackers qui volent dans les supermarchés, fraudent dans les transports, se bourrent la gueule en insultant les flics. Merci, merci beaucoup. Parce que l’Australien moyen en général, il s’en fout un peu que tu sois danois, grec ou français (du moment que tu es blanc…….). En dehors des backpackers, on a une réputation de gens chics, la langue française est toujours estimée comme une jolie langue, et fait l’objet de festivals réguliers.

Quel rapport entre ces jeunes en vans et nous? Nous avons le même VISA. Et voilà le problème. Working Holiday Visa = branleur = parti dans 2 jours = j’en veux pas. Je me suis fait refuser 3 emplois à cause du visa. Des bons emplois.

Je n’ai pas postulé à 10 emplois, ni même 20, mais bien à une centaine d’annonces, et distribué environ 40 cvs en main propre. Oui mais voilà, je n’ai pas le bon visa. Et autre souci, c’est le début de la crise ici.

La crise

Ici, l’économie tourne principalement grâce aux mines. Les ressources naturelles sont inestimables: pétrole, or, diamants et pierres précieuses, charbon, cuivre et surtout, uranium. Mais voilà, il y environ 6-8 mois (pas de pot hein, juste quand on est arrivés), l’économie de la Chine a ralenti. La Chine est le premier partenaire commercial de l’Australie pour les minerais. Qui dit économie qui ralentit, dit moins d’exportation, dit… mines qui ferment et avec 1000-1500 personnes à chaque fois licenciées. Et ce depuis 6 mois. Ces australiens retournent sur le marché de l’emploi, et occupent les petits emplois habituellement occupés par les backpackers. Ajoutez à celui une affluence exceptionnelle de WHV (environ 4 millions pour 2013), on comprend pourquoi il est difficile de trouver du travail.

Enfin, il faut parler du fameux fruit picking. Le fruitpicking est désormais une arnaque. Pourquoi? Les gens sont payés au rendement, mais les seaux sont aussi mal payés. Certains sont payés 25 dollars par jour (environ 20e). Vous trouvez ça normal? Ça ne l’est pas. Qui plus est, les taïwanais (aussi dans l’accord du WHV )sont extrêmement organisés: ils débarquent à 10 dans une ferme en présentant une équipe pleine, et ne laissent que les miettes aux backpackers individuels. Voilà pourquoi même le fruit picking, ça peut être difficile.

Nous ne l’avons pas testé, car pas de van, ni d’argent pour acheter un van d’ailleurs.

Voilà, donc je conclus ce dernier post sur une note un peu amère. Je suis triste de devoir partir, je suis triste d’avoir échoué. J’aurais voulu voyager et visiter ce magnifique pays. Peut-être une prochaine fois.

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